Le Bouddhisme peut apparaitre comme une pratique de méditation libérant du stress ou comme une philosophie pleine de sagesse.
Ce qui est bien loin de la profondeur de ses doctrines et de la diversité de ses modes et pratiques. On mélange aussi bien souvent l’hindouisme, le bouddhisme et maintenant la méditation de Pleine conscience qui est laïc et plus moderne.
Comment se situe donc le Bouddhisme :
philosophie ou religion ?
Le Bouddhisme peut s’inscrire dans une démarche philosophique de par sa réflexion sur les notions d’existence, de vie et de mort, d’attention portée sur la nature de l’esprit. Mais ces concepts ne sont pas seulement des idées spéculatives comme en occident, mais sont les bases d’une quête individuelle, d’une mise en pratique, d’une observation de soi et du monde en vue de l’Éveil, c’est-à-dire de la libération de la souffrance. La démarche reste pratique, pragmatique et non pas seulement intellectuelle.
Elle n’est pas une religion comme nous l’entendons en occident avec un Dieu créateur, un livre Saint comme la Bible ou le Coran et une instance dirigeante comme peut l’être le pape.
Si le Dalaï Lama « coiffe » toutes les différentes écoles bouddhistes, son autorité est uniquement morale et son influence spirituelle. Il n’a pas de pouvoir sur les différentes écoles bouddhistes.
Le bouddhisme s’inscrit dans une grande pluralité de formes selon les interprétations faites de la doctrine bouddhiste et selon les données culturelles dans lesquelles il s’implante.
Dans le bouddhisme il s’agit, non pas de se relier à une transcendance ou à un dieu extérieur mais à notre propre intériorité. Il convient ensuite de vérifier par sa propre expérience le bien-fondé de ses principes de base.
Tout part du Bouddha Sakyamuni né en Inde il y a 2600 ans. Il n’est pas un sauveur mais un éveillé. Il a vécu et expérimenté ce qu’il a enseigné et en propose à chacun d’atteindre la même réalisation. Son enseignement, uniquement oral (comme le Christ à son époque) a été repris par ses disciples et transmis ensuite de façon authentique de Maître en Maître et de siècle en siècle, s’adaptant à l’évolution des hommes et des cultures rencontrées, mais sans en dénaturer les principes de base.
L’enseignement du Bouddha présente des principes forts donnant au bouddhisme sa colonne vertébrale. L’essentiel est contenu dans :
Les Quatre Nobles Vérités
Il s’agit du premier sermon du bouddha après son Éveil.
Première vérité : la vérité de la souffrance
Elle est inhérente à notre vie humaine. Souffrance physique, psychique. Aucun bonheur n’est durable cela est source de souffrance.
Deuxième vérité : l’origine de la souffrance
Elle est liée à notre soif et à nos désirs insatiables à partir de l’existence de notre moi, qu’il y ait volonté de posséder ou peur de perdre. Souffrance également face à l’inéluctabilité de la mort.
Troisième vérité : la vérité de la cessation de la souffrance
Le bouddha indique les moyens de faire cesser la souffrance. Il s’agit d’éliminer les causes, liés à cette « soif ». L’état atteint est le Nirvana « l’extinction » ou « au-delà de la souffrance »
Quatrième vérité : le chemin à pratiquer pour se libérer
C’est « l’octuple chemin ». Méthodes mettant en jeu toutes les aspects de notre existence, pour permettre cette libération : La reconnaissance de notre état, l’éthique de vie, la pratique spirituelle méditative.
Les Quatre sceaux des préceptes
Ce sont quatre principes fondamentaux, qui résument la doctrine du Bouddha et auxquels adhérent toutes les écoles du bouddhisme.
Premier sceau : l’impermanence
Tous les phénomènes sont impermanents. Il n’y a rien qui ne soit durable ou éternel.
Deuxième sceau : le non-soi
Nous ne sommes pas l’entité indépendante, éternelle et séparée des autres que nous croyons. Notre moi, nous-même, comme toutes choses qui nous entourent n’ont pas d’existence propre. Notre existence est un composé de phénomènes conditionnés.
Troisième sceau : la souffrance « Dukkha »
C’est aussi la première des 4 nobles vérités. La souffrance qui vient du fait de la perspective de la mort, de la perte du bonheur, d’être relié à ce qui ne nous plait pas, de ne pas avoir ce que l’on désire …
Quatrième sceau : la libération, le Nirvana est paix
C’est la fin de toutes les sources de souffrance dans l’existence conditionnée. C’est la cessation de l’illusion du moi.
La coproduction conditionnelle
Tout phénomène qu’il soit concret ou mental, nait se déploie et meurt selon des lois et des conditions.
La coproduction conditionnelle est présentée sous la forme de 12 liens qui s’enchainent les uns aux autres, formant un cycle qui se renouvelle.
Cette notion constitutive de la pensée bouddhiste, est toutefois trop complexe pour être explicitée ici, mais est indiquée à titre indicatif.
1. L’ignorance : Le fait de ne pas voir notre réalité intrinsèque
2. Les facteurs de composition : Liés au karma passé et qui induit les actes présents.
3. La conscience : Celle qui prend conscience du monde, liée aux conditions karmiques antérieures
4. Le nom et la forme : C’est le cadre physique de notre existence et les 5 agrégats. La personnalité psychophysique est en place.
Et en lien avec cela, la notion de Karma et de renaissances successives.
Partant de là, le bouddhisme, comme nous l’avons déjà noté, a évolué et s’est implanté au 8ème siècle au Tibet, grâce au roi Trisong Detsen qui a invité deux grands maitres indiens, Padmasambhava (dit Guru Rinpoché) et Shantarakshita. Leurs enseignements et les traductions de textes qui en suivirent donnèrent naissance à la première des traditions tibétaine, les Nyingma, encore existante de nos jours.
Actuellement il y a au Tibet 5 écoles différentes, chacune ayant sa propre sensibilité et il n’y a aucune opposition doctrinale entre elles.
Ces cinq écoles sont : les Bönpo, les Nyingma, les Sakya, les Gélug et les Kagyü.
Notre école Kagyü
L’école Kagyü (ce qui veut dire « transmission orale ») dont nous dépendons trouve ses origines avec deux maitres indiens : Tilopa (988-1069), à l’origine du Mahamoudra (système de méditation conduisant à l’éveil). Puis son disciple Naropa (1016-1100) devient le détenteur de la lignée.
Puis, à son tour, son disciple tibétain, Marpa le Traducteur (1012-1097) amena ces enseignements au Tibet et devient le père fondateur de la lignée Kagyüpa. Puis, Marpa a transmis les enseignements à son célèbre disciple Milarépa.
Ensuite vient dans la lignée Gampopa (1079-1153), élève de Milarépa. C’est Gampopa qui fonde l’école Dagpo Kagyu Düsum Khyenpa (1110-1193) est considéré comme le premier Karmapa, soit une manifestation d’Avalokitesvara. Les karmapas sont les détenteurs de la coiffe noire, ou « chapeau noir ».
Après une longue lignée de réincarnations actuellement le 17ème Karmapa est Trinley Thayé Dorje est le détenteur de la coiffe noire.
Le représentant en Europe de Thayé Dorjé le 17ème Gyalwa Karmapa est Lama Jigmé Rinpoché.